Projets et réalisations hospitalières
L’adaptation de la pédiatrie française et des hôpitaux pédiatriques à l'article premier des droits de l'enfant n'a pas été évident.
D'octobre 1986 à octobre 1998
Les droits de l'enfant ont été signés en 1989 et tous les pays signataires, dont la France, auraient dû adapter immédiatement leur législation, car il s'agissait d'un droit obligataire. En fait, il n'en a rien été en France, notamment dans l'organisation des hôpitaux et de la pédiatrie.
À l'époque, le Docteur Badelon était chirurgien orthopédiste à l'Hôpital Robert Debré. Il était déjà intervenu auprès de la Direction générale de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris à deux reprises, alors que l'équipe était à l'Hôpital Bretonneau, pour pouvoir hospitaliser un enfant d'immigrés en situation irrégulière, et pour orienter un adolescent violent alors qu'il n'existait pas de structure adaptée. Les équipes étaient en pleine préparation de l'ouverture de l'Hôpital Robert Debré avec une équation : Bretonneau + Hérold = RD.
C'est dans un tel contexte qu'il a pu assister à une réunion de l'UNESCO sur la finalisation des droits de l'enfant. L'article premier était « un enfant s'entend de tout être humain jusqu'à l'âge de dix-huit ans sauf s'il devient majeur conformément à la législation en vigueur dans son pays ». Il était donc logique d'augmenter l'âge limite d'hospitalisation de 15 ans et 3 mois à 18 ans, d'autant plus que le vieillissement de la population entraînait une augmentation des besoins au grand âge.
Le Docteur Badelon est intervenu avant l'ouverture de l'Hôpital Robert Debré, puis en tant que conseiller médical de la Direction de l'AP-HP en rencontrant le conseiller du ministre, qui l'a accusé de vouloir déclencher « une guerre » entre les hôpitaux. Il a fallu dix ans pour qu'une circulaire DGS précise la limite de l'adolescence à 19 ans sans modifier l'organisation de l'hospitalisation entre 15 et 18 ans. C'est à la suite que l'âge de 18 ans est devenu une limite officielle pour le ministère de la Santé.
Article en référence : http://societedavenir.com/1998/10/29/les-consequences-de-la-convention-des-droits-de-lenfant-sur-lorganisation-de-lhopital-et-de-la-pediatrie-medicale-et-chirurgicale/
Le développement du milieu associatif au service de l'accueil et de l'éducation des patients en milieu hospitalier
De 1987 à 1998
Pendant un séjour à l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal en 1987, le Docteur Badelon a découvert la Fondation jumelée à l'hôpital, qui permettait de récupérer des fonds privés. Ce financement complémentaire leur permettait d'améliorer leurs locaux, d'acheter des matériels parfois très lourds ou de conduire des programmes de recherche. Cela existait dans presque tous les hôpitaux nord-américains. Ce système existait également en France dans certains établissements privés à but non lucratif, comme les centres anticancéreux, mais cela n'existait pas dans le milieu hospitalier public, en tout cas à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
C'est ce qui l'a poussé à proposer la création d'une fondation à l'administration centrale de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris au retour de ce voyage, ainsi que quelques mois plus tard lors d'un colloque d'organisation pour le futur Hôpital Robert Debré. Si elle n'était pas adaptée à la conception de l'organisation de l'hôpital public pour le financement du plateau technique, elle pouvait être utilisée pour améliorer les structures d'accueil et développer les actions de prévention et d'éducation de la santé au sein de l'hôpital.
Les circonstances et son intérêt pour ce sujet l'ont poussé à s'investir quand il lui a été demandé de participer à la naissance de la Fondation Hôpitaux de Paris par André Muller, alors directeur du futur Hôpital Robert Debré, et à la naissance de l'Association Robert Debré par le Pr Robert Henri Mathieu, alors président du CCM de l'Hôpital Bretonneau.
Il a été membre fondateur, en tant que praticien hospitalier, de la Fondation Hôpitaux de Paris, qui a pris rapidement une envergure considérable sous l'impulsion du Pr Claude Griscelli. Il a créé l'Association Robert Debré en la faisant vivre pendant les premières années avec la collaboration des élèves de l'ISG de Paris.
C’est lors des premières régates de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris à la Trinité sur Mer, alors qu’il était skipper de l’équipage de l’Hôpital Robert Debré, qu’il a eu l’idée d’emmener des enfants malades découvrir la mer pour la première fois de leur vie. Il a organisé avec Roland Plaut, directeur du service technique de l’Hôpital Robert Debré, les premières sorties en mer qui sont devenues les Régates des Oursons.
Organisation de la chirurgie de la main et création d'une astreinte de microchirurgie qui deviendra le premier SOS Mains pédiatrique
D'octobre 1984 à décembre 1994
Les « Urgences-Mains » de l'Hôpital Bichat ont fait partie du quotidien du Docteur Badelon pendant un an d'internat et deux ans de clinicat, avec l'acquisition d'une expérience chirurgicale importante, à la fois comme assistant de Jean-Yves Alnot dans son unité du membre supérieur et comme chef de garde à SOS Mains. Cette expérience lui a permis de structurer la chirurgie de la main à l'Hôpital Bretonneau quand il est devenu assistant d'Henri Bensahel.
Tous les patients opérés en urgence de la main ont été hospitalisés à sa demande en chirurgie orthopédique, ce qui a permis d'unifier les traitements et le suivi des patients, aussi bien pour les infections que pour les plaies tendino-nerveuses, avec une immobilisation plâtrée systématique sans chercher à faire de rééducation précoce comme chez l'adulte.
Les liens privilégiés qu'il avait conservés avec l'Hôpital Bichat et le caractère formateur du service de chirurgie pédiatrique lui ont permis d'attirer de jeunes collègues compétents en chirurgie de la main et en microchirurgie pour organiser une liste de garde spécifique en plus de la liste de garde d'orthopédie-traumatologie. Cette organisation, qui lui a demandé plusieurs années d'efforts et de présence personnelle continue, a permis d'assumer la totalité de la traumatologie des membres de l'enfant et de développer progressivement une compétence en chirurgie de la main qui est devenue une référence.
Devenu praticien hospitalier en titre lors de l'ouverture de l'Hôpital Robert Debré en 1988, le Docteur Badelon a pu continuer à développer cette activité avec de jeunes collègues pour assurer la liste de garde, tout en profitant de l'expérience de René Malek pour les malformations congénitales. Cette compétence a été reconnue par la Société française de chirurgie de la main à la demande de Julien Glicenstein, attaché dans le service, par un label officiel de SOS Mains pédiatrique, le premier du genre, reconnu par la Fédération des services d'urgence de la main (FESUM).
Colloque européen sur l'enfant et la sécurité en Europe avec le Club européen de la santé
De février 1992 à février 1993
Les chirurgiens sont placés au bout de la chaîne accidentelle, et leur rôle est de soigner. Cela les amène souvent à un sentiment de révolte, car ces accidents résultent souvent d'une accumulation d'erreurs ou de négligences qui auraient pu être évitées. La recherche et l'analyse des circonstances de l'accident peuvent servir à nourrir des statistiques épidémiologiques. Leur rôle est de les utiliser pour attirer l'attention de la population, des industriels et des pouvoirs publics, pour améliorer les conditions de protection des produits et des appareils dangereux pour les enfants et pour améliorer leur cadre de vie.
Cette démarche éducative mériterait d'être démultipliée dans le cadre d'une démarche coordonnée d'éducation sanitaire et sociale et d'éducation scolaire. À côté des campagnes d'information organisées par les structures officielles, les initiatives de prévention sont très nombreuses dans le milieu associatif. Elles restent souvent ignorées alors qu'elles mériteraient d'être reconnues et diffusées et éventuellement coordonnées au niveau national et européen. Par ailleurs, les associations ne se connaissent pas entre elles et il y a peu d'échanges d'informations.
Cette analyse a poussé le Docteur Badelon à rencontrer en 1992 les responsables du Club européen de la santé, dont la vocation était surtout orientée vers le milieu du travail, pour leur proposer d'organiser un colloque réunissant les organismes officiels et associatifs européens travaillant à la prévention des accidents de l'enfant.
Cela a abouti à un congrès européen qui a eu lieu les 2 et 3 février 1993 à Paris sous la présidence du professeur Sournia. Il a permis de porter un regard assez large sur la prévention des accidents de la route et des accidents domestiques. Il a surtout permis à de nombreuses personnes de se rencontrer et de faire connaître leurs actions.
Coordination du bloc opératoire commun de l'Hôpital Robert Debré
De 1988 à 1990
L'organisation de ce bloc opératoire avait fait l'objet d'une réflexion d'ensemble lors de la préparation du cahier des charges de l'informatisation de l'Hôpital Robert Debré par un groupe de travail que le Docteur Badelon avait dirigé personnellement à la demande des chefs de service. Il a fonctionné en liaison directe avec les utilisateurs et l'administration. Les chefs de service ont ensuite tenu à ce qu'il assume la coordination du bloc opératoire commun, qui était une structure nouvelle par rapport à l'Hôpital Bretonneau.
Son organisation a reposé sur la mise en commun des moyens techniques et humains dans un bloc opératoire divisé en deux parties, l'une pour la chirurgie programmée et l'autre pour la chirurgie septique et d'urgence, le personnel paramédical étant géré en commun avec l'hôpital de jour en chirurgie situé à un autre niveau. Il a fallu résoudre l'organisation de l'activité et la formation du personnel, qui devait être polyvalent.
Il a obtenu la création d'un secrétariat médical commun avec une centralisation des comptes rendus sur un répondeur-enregistreur téléphonique. Cette création a fait l'objet d'une publication dans le premier journal d'EUREKAP (1989).
Un module de gestion informatique spécifique au bloc opératoire a été conçu en collaboration avec les ingénieurs d'IBM pour compléter « Patient Care System », qui gérait l'ensemble de l'hôpital. Il permettait la saisie du compte rendu opératoire, le codage par pathologie et par traitement, la gestion de l'occupation des salles et du personnel, la saisie de l'activité opératoire et anesthésique. Un système de formation audiovisuelle propre au bloc opératoire a également été proposé à la Direction du personnel.
Organisation de la prise en charge des enfants handicapés au Vietnam et au Cambodge
De 1989 à 1990
Envoyé par Médecins du Monde à Hô Chi Minh-Ville, ancienne Saïgon, et à Phnom Penh pour organiser la prise en charge des enfants handicapés dans le domaine de l'orthopédie, le Docteur Badelon a été amené à faire le bilan des moyens existants et à faire des propositions.
Dans ces deux pays, les liens culturels avec la France étaient encore très forts et la conjoncture politique permettait des ouvertures. La demande de moyens était considérable à tous les niveaux, avec des luttes politiques internes à la mesure de la pénurie. Il lui est apparu nécessaire de proposer la même solution dans les deux villes. En effet, il existait dans chacune un ancien hôpital militaire français, dont la conception pavillonnaire lui paraissait la plus salubre et la plus propice pour une restauration progressive. Par ailleurs, le lien historique direct de ces établissements avec la France pouvait avoir un impact politique plus utile que de disperser des moyens dans tous les établissements de la région. Il s'agissait de l'ancien Hôpital Grall à Hô Chi Minh-Ville et de l'Hôpital Calmette à Phnom Penh.
La priorité lui paraissait à chaque fois la même, c'est-à-dire la restauration des blocs opératoires et des pavillons d'hospitalisation de chirurgie pour les soins aigus. Le projet était de lier la restauration des locaux à la constitution d'une équipe française de médecins, chirurgiens et paramédicaux pour assurer un roulement afin de compléter la formation des personnels locaux, en donnant la priorité à la formation sur place sans chercher à remplacer les responsables locaux.
Ce double projet a fait l'objet d'un rapport qui a été remis au Pr Alain Deloche, responsable du groupe chirurgical de Médecins du Monde, à la Direction des affaires médicales de l'AP-HP et au ministère de l'Action humanitaire. L'année suivante, le Pr De Paillerets lui a confié la direction d'un groupe de travail avec Architectes sans frontières pour diriger la rénovation des blocs opératoires de l'Hôpital Grall.
Organisation des archives médicales de l'Hôpital Robert Debré
De 1987 à 1990
Les chefs de service de l'Hôpital Bretonneau ont donné au Docteur Badelon la responsabilité d'animer un groupe de travail sur la gestion des futures archives de l'Hôpital Robert Debré, qui a ouvert en juin 1988. La structure des locaux, la dotation en personnel et les choix en matériel avaient déjà été définis par l'administration. Il fallait faire des propositions d'organisation du travail et de gestion du dossier médical qui tiennent compte de ces contraintes incontournables.
Pour mener à bien ce travail, il a visité plusieurs hôpitaux à l'occasion de ses voyages en France et à l'étranger, notamment en Suède, au Canada et aux États-Unis d'Amérique. Ils vivaient tous la révolution de l'informatisation des informations médicales et administratives. Le dossier papier restait l'outil de travail de base.
Le dossier commun fut retenu pour l'Hôpital Robert Debré après avoir envisagé la séparation du dossier clinique et des examens radiologiques. Il devait comprendre les examens complémentaires, les radiographies et les observations cliniques distinctes de chaque service, avec une couleur de pochette différente pour chacun. En fait, les pochettes ont toujours la même couleur pour tous les services, ce que le Docteur Badelon regrette quand le dossier est volumineux.
L'une des réalisations de ce groupe, complété plus tard par le Pr Marc Brodin, a été la création d'un « Dossier médical minimum » adapté à la pédiatrie, directement inspiré par les dossiers déjà existants à l'Hôpital Bretonneau, notamment dans le service de réanimation, avec pour objectif une utilisation commune au sein du futur système informatique.
Participation à l'informatisation générale de l'Hôpital Robert Debré
De 1987 à 1990
L'Hôpital Robert Debré a été l'un des premiers hôpitaux de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris à être entièrement informatisé pour gérer le dossier administratif et médical du patient. Le Docteur Badelon a fait partie des médecins qui ont aidé à installer Patient Care System (PCS). Il avait pu le voir fonctionner à l'Université McGill de Montréal.
PCS était opérationnel, mais il était relativement lent et lourd à faire fonctionner, demandant une logistique humaine très inflationniste pour le faire évoluer. Les services avaient gardé la responsabilité de leur choix logistique et certains services, dont la radiologie, avaient préféré rester indépendants aussi bien en matériel qu'en soft, en restant Mac dans un univers IBM, tout en étant complémentaires du système général de l'hôpital. Cette démarche lui avait paru très saine, mais elle ne pouvait pas être reproduite en France, où l'organisation de l'informatisation d'un hôpital est toujours envisagée de façon centralisée.
Il était convaincu que la volonté de l'Administration de vouloir tout gérer avec le même système est à la fois très difficile à concevoir et à faire évoluer sur le plan humain et matériel, pratiquement impossible à protéger des indiscrétions extérieures, et menacé par un blocage de tous les services en cas de dysfonctionnement.
Pour lui, la gestion administrative et hôtelière devrait être organisée de façon indépendante et complémentaire avec la gestion des informations médicales, en partageant tous les éléments nécessaires à la facturation ; chaque acte permettant une comptabilisation en temps réel comme dans un hôtel.
Revue systématique en réunion de service de tous les dossiers des patients externes vus en urgence
De 1984 à 1990
À l'Hôpital Bretonneau, la réunion de service du matin était surtout réservée à la revue des patients opérés la veille, et les dossiers des patients traités en urgence en externe n'étaient pas analysés. C'étaient les radiologues qui revoyaient les dossiers le lendemain et qui prévenaient le service quand cela était nécessaire. Cela était très désagréable, car le service perdait le contrôle de ses patients et ne pouvait pas assumer correctement la responsabilité de ce qui était fait par ses jeunes collègues aux urgences.
Au début, le Docteur Badelon a été obligé de récupérer lui-même, tous les matins, les dossiers de la nuit, pour les revoir de façon systématique avec l'ensemble du staff et convoquer les enfants qui en avaient besoin. Les dossiers étaient ensuite retournés dans le service de radiologie.
Cette organisation est rapidement devenue une habitude à l'Hôpital Bretonneau grâce à la collaboration des cadres infirmiers. Elle s'est heurtée à l'architecture de l'Hôpital Robert Debré lors de son ouverture. Il a fallu de nouveau obtenir la collaboration des cadres infirmiers pour la mener à bien. L'utilisation des valises automatiques a ensuite facilité le transfert des dossiers aussi bien pour les faire monter dans le service depuis les urgences que pour les faire redescendre aussitôt après dans le service de radiologie pour être interprétés par les radiologues.
La revue systématique des dossiers externes des urgences a fait la preuve de son efficacité pendant plus de vingt ans. Elle est tombée en désuétude depuis, à la fois par le nombre des urgences et l'organisation médicale des urgences.
Amélioration de la gestion du dossier médical et des soins infirmiers
De 1986 à 1988
Devant les problèmes de transmission des informations en postopératoire à l'Hôpital Bretonneau, le Docteur Badelon a réuni les surveillantes d'hospitalisation et de bloc opératoire pour réaliser une fiche de suivi qui puisse être utilisable par les deux services de chirurgie. Le principe de cette fiche n'était pas original. Elle avait l'intérêt d'être très simple. Elle était remplie par la panseuse et le chirurgien, puis jointe à la pochette du dossier.
Il était prévu de la saisir dans le système de communication informatique de l'Hôpital Robert Debré à son ouverture en 1988, avec des écrans de saisie qui ont été finalisés. Pourtant, elle n'a toujours pas été incluse dans la gestion informatique du dossier médical et elle est encore utilisée de façon manuelle.
C'est avec le même souci qu'il a essayé d'améliorer la tenue des observations médicales du service lors de l'ouverture de l'Hôpital Robert Debré pour préparer l'informatisation du dossier médical. Il a mis au point des fiches indicatives sur les coordonnées du patient, de la famille, des correspondants, sur le codage du diagnostic et du traitement ; sur les données de l'interrogatoire et de la prise en charge initiale ; ainsi que sur certaines pathologies (rachis, LCH, pied bot, etc.). L'objectif de ces fiches était de guider les externes et les internes pour pouvoir conserver les éléments essentiels de façon claire et didactique, tout en leur enseignant de façon directive les conduites diagnostiques et thérapeutiques.
Cette démarche avait un intérêt pédagogique. Elle était essentielle comme préalable à toute informatisation du dossier médical dans une démarche de recherche clinique prospective quotidienne.
Création d'une consultation d'appareillage à l'Hôpital Bretonneau puis à l'Hôpital Robert Debré
De 1982 à 1988
La consultation d'appareillage est l'un des éléments les plus importants de la prise en charge ambulatoire des déformations du rachis et des enfants handicapés. Le Docteur Badelon en avait acquis la conviction auprès de Jean-Paul Padovani et lors de ses séjours à Lyon avec Stagnara et CR Michel. C'est pourquoi il a demandé à Henri Bensahel de la créer dans son service, en assurant sa continuité lors de son passage à l'Hôpital Bichat et en la développant à son retour en 1984.
Strictement réservée à l'appareillage, cette consultation réunit le chirurgien consultant en appareillage et l'orthoprothésiste afin de vérifier ensemble le corset, ce qui permet d'avoir un traitement plus rapidement efficace et surtout mieux accepté par l'enfant et sa famille.
L'équipe a eu la chance de démarrer cette consultation avec Laburthe-Tolra, alors médecin contrôleur de la Sécurité sociale, ce qui permettait d'éviter les convocations rue de Flandre et de diminuer ainsi la lourdeur de la prise en charge administrative. Ses collègues l'ont remplacé à son départ en retraite, puis ont quitté l'équipe en 1988, la législation ayant été allégée.
Cette consultation a certainement permis d'améliorer la prise en charge de ces enfants, et notamment des scolioses non chirurgicales qui sont presque toutes traitées en externe depuis 1984. Le Docteur Badelon a continué cette consultation d'appareillage à l'Hôpital Robert Debré, puis dans sa pratique libérale à l'Hôpital américain de Paris, et maintenant à l'Institut d'Orthopédie Pédiatrique, aussi bien à Neuilly-sur-Seine qu'en Bretagne, à Vannes et à La Trinité-sur-Mer.
Amélioration du suivi radiologique des interventions réalisées en urgence à l'Hôpital Bretonneau
De 1984 à 1986
Les moyens étaient pauvres à l'Hôpital Bretonneau à l'arrivée du Docteur Badelon. Les contrôles radiologiques per- et postopératoires étaient faits seulement avec un amplificateur de brillance, et les radiographies de contrôle étaient faites seulement le lendemain, ce qui pouvait provoquer un certain nombre d'erreurs d'interprétation et parfois des reprises chirurgicales.
Il a fallu exiger la présence systématique d'un technicien de radiologie au bloc opératoire pour obtenir des radiographies de contrôle à présenter à la réunion de service du lendemain matin. Cela ne s'est pas fait sans quelques frictions. Les moyens humains ont suivi devant l'évidence de l'exigence de qualité que le Docteur Badelon défendait.